LE MONDE JEUNE ET LES DEFIS DE L’HEURE
Lundi, 11 février, consacre la célébration de la fête de la jeunesse au Cameroun .D’énormes investissements sont mobilisés, des manifestations sont organisés sur toute l’étendue du territoire national. Les jeunes, axe majeur de l’évènement, font montre de beaucoup d’enthousiasme et de détermination pour le succès de l’évènement .En revanche, très peu semblent connaître l’enjeu de l’évènement et les défis qui les interpellent alors. Sinon comment justifier l’inertie et l’oisiveté galopante qui caractérisent la jeunesse camerounaise et que le Présidant de la République n’a eu de cesse de dénoncer dans ses discours à la nation ?
La jeunesse camerounaise est en proie à des déviances de toutes sortes .On note des cas flagrants de banditisme. La prostitution est devenue monnaie courante .les jeunes s’adonnent avec ferveur à l’alcoolisme et à la toxicomanie. Il n’est pas rare d’en rencontrer quelques-uns qui foulent au pied les vertus de la discipline que tentent de leur inculquer leurs ascendants ou les pères éducateurs. Des propos du genre « on ne vit pas deux fois »foisonnent leurs discours,comme quoi la vie se réduit à l’agréable,à l’assouvissement des désirs charnels,à la satisfaction continue des passions .
Ce déviationnisme caractérisé des jeunes est imputable en grande partie aux pouvoirs publics .Dès les années1980, le pays plonge dans une crise économique sans précédant. Cette crise n’ira pas sans influer sur la position sociale des jeunes notamment .Scolariser ces derniers était alors devenu un exploit pour les parents et l’Etat. Les fameux Programmes d’Ajustement Structurels qui s’en suivirent enlisèrent la situation, en sorte que les couches les plus exposés de la population usèrent de tous les moyens, moraux ou non, dans l’espoir de remédier efficacement à la misère subséquente.
L’exacerbation des phénomènes de la corruption doublée des détournement excessifs des derniers publics et de la détérioration intensive des termes de l’échange rendront presqu’ irréversible la délinquance juvénile avec pour corollaire la poussée vertigineuse du chômage en milieu rural et urbain. La baisse drastique des salaires dans des entreprises publiques,parapubliques et privées ,concomitamment à l’accentuation des licenciements massifs parfois abusifs seront également pour beaucoup dans l’enlisement du phénomène ,sans oublier « l’impunité » et « l’inefficacité » des pouvoirs publics- d’où la récurrence des remaniements ministériels par exemple . L’atteinte
par le Cameroun du Point d’Achèvement le 28 avril 2006 ouvre des opportunités
non négligeables aux jeunes dans leur recherche permanente d’insertion sociale.
D’énormes ressources financières issues des initiatives d’allègement de la
dette et de la disponibilisation des aides inconditionnées traduites par des
contrats des désendettement et de développement ainsi que la viabilisation du
cadre d’investissement privées serait une issue favorable à la résorption de la
forte perdition des jeunes qui restent et demeurent le « fer de lance de
la nation ».



Pic nique organisé par Jeuneration Sud (Pour une rencontre entre jeunes )
Et comme tel , le gouvernement a obligation de restituer aux jeunes la place qu’ils méritent pour qu’ils fassent valoir leur dynamisme et jouer pleinement leur rôle de « moteur du développement ».L’équation est certainement difficile à résoudre,tant les statistiques sur le niveau d’instruction des jeunes laissent perplexes :15% dans le primaire,seulement 0,11 et 0,8% dans le secondaire et le supérieur, sans oublier les non scolarisés qui représentent globalement autour de 20% de la population jeune .
Les jeunes ont donc une responsabilité non moins lourde à accomplir pour le bien de l’Etat : améliorer leur niveau d’instruction par les moyens classiques –la lecture, la discussion, les médias, etc- qui s’offrent presque gratuitement à eux. Un soutien accru de l’Etat aux initiatives privées des jeunes serait alors une aubaine pour l’atteinte de l’idéal de participation intégrée des jeunes dans la création et la mise en œuvre des grands projets de développement.
LOUIS MARIE ENAMA ATEBA

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